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Aaron ou la schizophrénie

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Watcha
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Ven 4 Juil - 17:02

Je viens de finir de lire.

Je ne sais que dire sans gaffer, je suis très surpris par certains passages, visiblement tu as énormément souffert moralement/mentalement. Confused

j'aurais aimé te poser d'autres questions, mais je crains de paraitre stupide ou de te vexer, donc je vais m'abstenir. Neutral
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WereGarurumon
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Ven 4 Juil - 17:43

Hum, oui, merci, mais quelle genre de questions précisément lol? Tu peux les poser par MP, après tout ce que j'ai traversé, je pense pas que ça me vexera.

Mais tout ça c'est du passé, et je trouve que ça fait du bien de tout resencer.
Sinon, si j'ai souffert moralement, lol, je trouve pas trop, enfin pas plus qu'un autre, si ce n'est que je remets par écrit ce que je pense.
Enfin, si c'est l'impression que ça donne.
En tout cas, si c'est vraiment le cas, ça m'a permis de très vite mûrir... dwarf
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Sam 5 Juil - 13:28

Nouveau chapitre.
Les corvées
Aaron n’avait jamais cru en la phrase latine « Carpe Diem ». Pour lui, ceux qui arrivaient à en faire usage devaient vivre dans un paradis perdu, ou être simplement des figurants d’une mythologie ancienne. Depuis son jeune âge, aller chez le barbier, qui, selon son Al, lui permettait d'afficher enfin son visage que les boucles de ses cheveux cachaient, le poussait à se mettre un foulard sur la tête, détestant l'ombre qu'il faisait avec les cheveux rasés, montrant ses grandes oreilles. Il était étonné quand les enfants des concierges de son quartier suppliaient son frère de les inviter au bain public. Pour lui, c’était surtout une torture de se faire frotter le corps par le soi-disant masseur qu’était son père. Il savait qu’il le faisait avec férocité pour qu’il puisse en sortir encore plus propre, mais, pendant l’action, il était « l’abominable chasseur de spaghettis –surnom donné par son père pour décrire la crasse dont il se débarrassait-». Aaron détestait le voir le malaxer sans pitié, refoulant au plus profond sa douleur, gardant ses larmes pour sa triste solitude et n’ayant plus envie de parler jusqu’à arriver à la maison. Y aller avec son père devint une affaire clôturée jusqu’au jour où il le blessa sur son visage, déformant un peu son nez, et provoquant une inflammation de boutons qu’Aaron devait épauler le restant de son adolescence.
C’est pourquoi il fut étonné quand toutes ces visites mensuelles qui lui gâchaient son enfance devinrent un pur moment de plaisir... dans son adolescence.
La première fois qu’il sortit satisfait du sauna fut… quand il en changea. Son frère Alfred, pendant un séjour, l’emmena dans un bain turc plus cher que l’ancien. Les masseurs, à la vérité, pétrissaient avec moins de générosité, mais au moins, au lieu de rester limité et attendre désespérément la fin de se son supplice, ça le relaxait et il ne ressentait aucune douleur. Aaron abandonna alors l’ancien hammam, de même que son père, pour commencer à aller à ce nouveau complexe chic, mais, malgré tous les bienfaits qu’il lui apportait, ça restait un supplice pour Aaron jusqu’à un soir où, malade, se sentant sale, ennuyé et terriblement fatigué, il décida … d’y aller tout seul.
Il réussit à convaincre sa mère de l’y raccompagner, prit son sac de changes, et y entra. Il déposa le ticket sur le comptoir, devant trois hommes torse-nus en train de regarder un match de foot. Il n’eut pas le temps de voir à quoi ils ressemblaient : tout ce qu’il voulait en ce moment, c’était se détendre. Une chaleur incompréhensible s’empara de lui quand il se mit à se déshabiller dans les vestiaires, et s’intensifia quand il remit son sac à la salle d’accueil, en boxer, devant les trois masseurs. Après avoir étalé du salon provincial sur la peau, il s’écroula dans le sauna. Il était seul, et la chaleur extrême faisait apparaître un brouillard. Il se rassérénait.
C’est là qu’il distingua dans la fumée grise une ombre à la démarche noble et gracieuse. L’homme qui venait de pénétrer devait être grand et fin. Il s’assit face à lui, les bras décontractés, dans une position touchante. Un autre suivit, au corps un peu plus gras, mais pas moins plaisant. Lorsque le poudrin se dissipa, Aaron se sentit comme dans un gynécée, un gynécée masculin. Au regret, le kinésithérapeute l’appela pour se faire masser. Aaron s’installa sur le gradin, très excité, et pendant qu’il le frottait, se permit de le regarder lui aussi. Il était beau. C’était sûrement le masseur le plus beau qui s’était occupé de lui. Les quelques rides qu’il possédait annonçaient un âge autour de la quarantaine, mais il avait un corps parfaitement indéfini, tout ce qu’aimait Aaron : c’était une silhouette masculine normale, il avait d’adorables muscles ramollis, des poils là où il le fallait, mais aussi du ventre, mais un ventre très mignon, sur lequel Aaron se serait plus de se coucher. Et son visage, très joli, lui était familier. Il ressemblait à un de ces acteurs de séries télé qu’il suivait dans sa tendre enfance en compagnie de Karen durant les années quatre-vingt-dix. Rob Estes ? C’était en tout cas ce même visage ambigu, plus naturel certes que celui de la starlette déchue, mais tout aussi inhabituel et remarquable.
Il le frottait avec tendresse et délicatesse. Aaron ne voulait pas que ça finisse. L’homme souriait, et avait l’air de prendre lui aussi du plaisir à le nettoyer. Peut-être était-il un ex-papa, et s’occuper de la peau d’un jeune garçon comme Aaron devait le reverdir. Le jeune garçon en question d’ailleurs ne s’était jamais senti autant en extase, même sa tendre mère n’était pas aussi douée. Lorsqu’il le frottait avec la mitaine, assassine autrefois entre les mains de son père, il ne sentait rien. Le brossage de cheveux, jadis véritable herbage de pics destructeurs sur sa tête, semblait n’être qu’une caresse sucrée. Lorsqu’il étala du savon sur ses fesses, l’enfant renaquis avait presque l’impression de faire l’amour avec lui. Lorsqu’il eut fini, il se sentit pur et immaculé. Pour la première fois, coucher avec quelqu’un, de quelque forme que ce soit, ne paraissait pas être un forfait répréhensible. Quand il sortit du complexe, il ne pouvait arrêter de sourire : ce que venait de lui offrir le masseur, c’était du bonheur, LE bonheur qu’il n’avait jamais vraiment connu. Pour une fois, il avait croqué la vie à pleines dents.
Il remarqua alors un tout nouvel avantage à aller au bain maure, et de taille : il pouvait y mater les mecs ! Avant, la compagnie de son père ne lui faisait penser qu’à une chose : quand son tour viendrait-t-il de se faire palper et sortir de cet enfer? Maintenant, il pouvait contempler tous ces corps variés, rarement voire jamais maigres comme lui, parfois très bien dessinés, souvent épais et quelque peu charnus, mais les uns comme les autres étaient aussi impressionnants. Cet endroit était devenu désormais le seul refuge où il pouvait contempler des hommes presque nus sans avoir à se cacher, mais toujours dans le noir.
C’est donc tout naturellement qu’il eut une irrésistible envie d’y retourner la semaine d’après. Cela surprit beaucoup Salomé. Elle se rappelait combien son fils pleurait à chaque fois qu’elle le lui annonçait, lui montrer que des gens s’en passaient très bien pour la convaincre de ne pas y aller. Elle l’y envoya alors une deuxième fois avec quelques soupçons. Celle ci, le sauna était vide et sans interruptions. Le temps passait, et il n’était toujours pas appelé. Aaron pensait à ce qui pouvait l’attendre de mieux, et d’un coup son pénis se redressa. Pouvait-t-il ? Le savon régional dont il était farci facilitait la glissade. Il osa alors sortir sa queue et se masturba. La chaleur du sauna provoquait en lui une sensation intense, le savon l’invitait à se caresser l’épiderme de sa main gauche. Son cœur accélérait. Enfin, quand il jouit, il ne put s’empêcher de rugir. Il était désormais hors de ses sens, totalement nonchalant : s’il devait se faire masser, c’était maintenant. Il se déplaça avec inertie, et rejoint la salle moins ambiante au risque de succomber à une crise cardiaque. Il espérait retrouver son kinésithérapeute, mais il n’y était pas. Il se satisfit tout de même avec un autre qui ne lui arrivait pas à la cheville, mais c’était mieux que rien. Son visage renfrogné et grincheux annonçait un genre macho, mais son torse et sa moustache évoquait encore une fois une personnalité : c’était le sosie de Freddie Mercury. Les pensées les plus canailles d’Aaron le conviaient à supposer que comme le chef de Queen, il pouvait être gay, et qu’il allait l’implorer de le rejoindre au sauna après en avoir fini, pour une petite partie coquine de jambes en l’air. Ca méritait bien d’attraper le Sida, le bonheur. Mais nada. Tout ce que le masseur lui pria de faire, c’était de rejoindre la douche et il s’en alla.[...]
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Sam 5 Juil - 20:30

Toujours aussi bien :]
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Dim 6 Juil - 10:33

Citation:
Son visage renfrogné et grincheux annonçait un genre macho, mais son torse et sa moustache évoquait encore une fois une personnalité : c’était le sosie de Freddie Mercury


Hem, trop bon. Je veux un sosie de freddie. Mr.Red
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Sam 2 Aoû - 15:39

L'ironie de l'histoire, c'est que je viens de me rendre compte que j'y fais un clin d'oeil totalement naïf dans mon précédent post avec Freddie Mercury, sans savoir dans quel obsession j'allais me trouver juste après à cause de ça.
Donc voilà un nouveau extrait de chapitre. Un chapitre qui s'averera être très long. L'allusion à ce que je viens de citer viendra plus tard, mais je crois qu'un lecteur averti peut le deviner déjà avec ces premières lignes.

Chapitre X. Il ne manquait plus que ça pour l'achever.
Jamais il n’aurait cru, jamais il n’aurait su. Jamais. Sinon, il se serait abstenu. Pourtant, Dieu lui avait envoyé des signes. Mais Aaron avait préféré les ignorer, même s’il sentait quelque chose. Qu’en un jour, tout allait basculer. Sa perception des choses. Du sexe. De la vie, en général. Cette vie si insignifiante dont il ne se rendait encore pas compte de la valeur. Comment pouvait-il le savoir ?
Ce jour. Cet instant. Ce quart d’heure. Aaron, on ne va pas dire qu’il ferait tout, il n’est pas sûr encore. Mais s’il pouvait supprimer. Juste ce petit moment où il jouait au grand, guidé par ses stupides hormones. Juste pour évaporer toute la frustration dont il était plongé en ce moment.
Mais Aaron ne le regrettait pas vraiment. Il fallait que ça arrive, un jour ou l’autre. Et puis, ça aurait pu être pire. L’homme pouvait être bien plus séduisant, et peut-être qu’il n’aurait même pas pensé à mettre une capote. Mais pas aussi jeune. Pas à dix-sept ans, merde ! Un an avant son émancipation dans le pays où il était actuellement. Quatre dans celui où il allait retourner. Mais bon, dans ce denier, majeur ou pas, hétérosexuel ou pas, c’était interdit par la loi. Cependant même son frère ne l’avait pas fait aussi jeune, qui plus est avec un homme ayant plus que le double de son âge.
Le ciel, après ce jour, Aaron ne le regardait plus de la même façon. Même quand il reflétait le spectre noir du soleil absent, il restait bleu. « Le Ciel Bleu de Roméo ». Ce dessin animé japonais qu’il chérissait durant son enfance. Oui. Maintenant au moins, il comprenait. Le sens de la vie. Le prix de la vie.
S’il devait vous donner une raison de cet agissement, que répondrait-il ? Qu’il se sentait seul ? Ce n’était pas la première fois. La vérité est qu’en ce jeudi 10 Juillet, plusieurs facteurs entraient en jeu pour lui faciliter la tâche. Déjà, il était seul. Ca c’est sûr, ça aidait. Deuxièmement, il était en vacances dans une ville encore inconnue, c’était l’été, tout ce qui poussait spontanément un adolescent à être propulsé vers l’extérieur.
Mais c’était la première fois, sa première fois.
Justement. Passé tout ce temps, dans son pays natal, où il lançait des rendez-vous, recevait des propositions, sans jamais les voir réalisés au grand jour. Ville trop grande ou peu sécurisée. Aucune habitude à y sortir seul. Beaucoup de prétextes pour ne pas passer à l’acte. Et Dieu merci. Dire qu’il aurait pu se mettre dans le pétrin où il était immergé actuellement à quatorze ans.
Enfin était venu le jour où aucun obstacle n’osait se présenter pour l’en empêcher. Sa sœur était sortie avec ses compères français. Son procréateur était à quelques hectares de lui, bronzer dans la rive niçoise. Pour Aaron, l’ultimatum était clair. S’il voulait enfin goûter au sexe physique, avec chatouille, acuité et tout ce qui suit, c’était maintenant.
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Dernière édition par WereGarurumon le Sam 2 Aoû - 18:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aaron ou la schizophrénie   Sam 2 Aoû - 18:14

Ah ouais quand même x).

Gimme more =)
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*~ Ich träume von dir, und wünsch' du wirst hier. Ich warte auf dich, mag' dich unendlich ! ~*

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